1. Citadine’s horror

    Ce matin, quelqu’un a vomi dans le bus où je me trouvais. Il était tôt. Après avoir réussi à me frayer un chemin dans le véhicule garni de personnes aux visages sinistres, je me tenais debout, aussi blafarde et renfrognée que mes camarades de galère. Face à moi, une jeune fille dont les yeux se perdaient dans une outrageuse couche de fard à paupière bon marché écoutait du rap français dans un casque noir. Dans les bus, tout le monde a toujours l’air noir, tout le monde fait la gueule, sans doute parce que ça pue et parce qu’il y a de la buée sur les vitres. Sans doute aussi parce qu’à sept heures, on devrait être au lit, et pas dans un bus à buée odorant. J’étais là, désespérée par ma condition de transportée en commun, quand le bruit de l’horreur se fit entendre. Affreux. Terrible. Sonore. Quoi de pire sur cette pauvre Terre que l’abominable et tonitruant son d’un vomi lâché par mégarde par un garçon chauve et égaré ? Rien. Rien, je peux vous le dire, et même vous le jurer la main sur le cœur. Rien au monde n’est plus terrible que le son d’une gerbe lâchée en plein vol dans un véhicule déprimant plein de gens déprimant.

     

  2. Cette vidéo, c’est un petit miracle. C’est les quelques secondes qui manquaient à ta journée, c’est le sucre dans ton café, le ballon rouge sur ton nez. Elle n’est pas longue et elle te fera te sentir bien dans tes chaussons. Rien que ça.

     


  3. « La marque d’une intelligence de premier ordre, c’est la capacité d’avoir deux idées opposées présentes à l’esprit, en même temps, et de ne pas cesser de fonctionner pour autant.  »
    — Francis Scott Fitzgerald
     

  4. Dominical.

     


  5. Qu’auriez-vous fait ?

    J’avais décidé de ne plus rien “écrire” (au sens vrai de donner mon opinion, lequel peut parfois s’avéré très clair, sur les choses de la vie) sur ce blog, ni sur aucun autre, mais le fait est je crois que cet endroit (s’il en est) est le plus adapté pour accueillir toute ma colère, que voici.

    Je prenais le bus tranquillement, savamment plongée dans ma lecture de L’Attrape Coeur - lequel est un livre fabuleux, lisez-le tout de suite si ce n’est pas déjà fait. Il y avait un homme bien connu par les citadins de ma région pour être bien souvent alcoolisé, et pour parler beaucoup (et très fort). Toutefois, Monsieur ayant aujourd’hui décidé de se taire (et, je dois l’avouer, je ne me plaignais pas), le bus voguait paisiblement. Paisiblement jusqu’à ce que Monsieur se rende compte qu’il s’était trompé de bus et, tout naturellement, demande au conducteur “Où tu vas ?” - question que l’on pourrait considérer comme légitime pour une personne qui file vers la mauvaise direction. Des vieilles (et des moins vieilles) personnes posent la même question chaque jour, le vouvoiement en plus, bon, rien d’exceptionnel, donc.

    Aussi vous comprendrez ma surprise lorsque les deux cinquantenaires en Ralph Lauren et foulards en soie assises près de moi se mirent tout naturellement à crier “Descendez-là monsieur ! Descendez là ! Descendez maintenant !”. Certes l’indication était bonne, autant un peu de délicatesse n’aurait pas manqué à la scène. Et la Dame d’ajouter, le pauvre Monsieur sortant du bus sous les encouragements de la foule en délire (histoire d’ajouter un peu d’humanité à l’affaire) : “oh là là oui, descendez donc, allez vous faire soigner !”. Et le bus riant.

    Je n’ai rien dit, j’ai regardé” l’assistance avec dégoût. J’ai soufflé très fort. Mais je n’ai rien dit. Je n’ai rien dit mais j’aurais du. Aujourd’hui, en 2012, certaines personnes pensent que les alcooliques sont des déchets, des choses sur lesquelles il fait bon cracher. L’alcoolisme c’est une maladie. Les alcooliques sont des êtres Humains. Monsieur a entendu la Dame du bus, il n’a rien dit, il a baissé la tête, habitué à entendre les horreurs qu’on lui balance tous les jours, et il est parti sans rien dire. La Dame est rentrée chez elle toute fière d’avoir fait rire le bus, et racontera l’histoire pour le dîner. Et moi, je suis coincée là avec mes “j’aurais du”.

    Et vous, qu’auriez-vous fait ?

     

  6. (Re)trouvaille trop fabuleuse dans mes vieux tiroirs. Le rangement a définitivement du bon! (Pris avec Instagram)

     

  7. Baby boo. (Pris avec Instagram)

     

  8. Je recommande vivement cette enthousiasmante chansonnette à tous les écoliers, les collégiens, les lycéens et les étudiants qui ont besoin d’un peu d’entrain pour quitter leur logis au petit matin.

    Les oursons et les hommes vivraient en harmonie.

     


  9. La haine serait une espèce disparue.

    J’ai finalement décidé (un peu en retard certes) de dire quelque chose sur la photo rebloguée précédemment. Je le précise tout de suite pour que ce soit bien clair, je n’excuse absolument pas ces crimes ni l’horreur des actes.

    J’ai l’impression que la plupart d’entre nous ne se posent pas les bonnes questions. En une semaine, j’ai pu lire et entendre des propos terriblement indécents. Et donc ça me fâche. Et donc j’en parle ici (j’aimerais faire de ce blog la poubelle de mes pensées).

    D’une, il fallait un sacré culot pour se permettre de ressortir le vieil amalgame entre l’islam et le terrorisme. Le coran n’appelle pas au meurtre et les musulmans ne sont pas des “fous d’Allah” comme j’ai pu le lire à regret dans Le Point. Pendant que j’y suis, les femmes qui portent le voile ne sont pas des soumises incultes seulement bonnes à préparer le couscous (ça ce n’est pas en lien direct avec l’affaire mais j’ai l’impression qu’on ne le dira jamais assez).

    De deux, on est tous d’accord pour dire que Mohamed Merah était psychologiquement instable ; mais il y a des personnes psychologiquement instables partout, et ça ne se termine pas toujours comme ça, que je sache. C’est sans doute le problème principal dont il faudrait se soucier. Au lieu de s’occuper de ce type visiblement égaré, on l’a mis en prison et on a laissé des extrémistes afghans s’occuper de son éducation. 

    Mohamed Merah ça aurait pu être n’importe qui. Des gens dans cette situation, il y en a partout. Au pieds de ton immeuble, dans les couloirs de ton métro, près de ton café préféré. Qu’attendons-nous pour les voir ? Qu’ils commettent des meurtres ?

    Bien sur, on peut se contenter de dire que c’était juste un monstre, un malade, un voyou, un arabe (ahaha) ; se féliciter de sa mort et tout mettre (encore) sur le bon dos des immigrés. De toute façon, c’est toujours de leur faute, c’est bien connu. On pourrait aussi regarder l’actu avec les fenêtres ouvertes.

     

  10. .

    (Source : gundiii, via beatriceisaunicorn)